Depuis quinze ans, une seule alternative nous est offerte lors des élections européennes :
Le vote eurobéat, ou le vote eurosceptique. Les Français sont ainsi enfermés dans un débat aussi stérile que stupide « pour ou contre l’Europe ». de façon logique, ils s'abstiennent de plus en plus car la seule question pertinente n’est pas de savoir si l’on est pour ou contre l’Europe mais bien de savoir quelle Europe nous voulons.
Les
souverainistes ont raison de défendre la France et les français, c’est le seul combat qui vaille ! Mais leur faiblesse est qu’au fond ils rejettent l’idée même de construction européenne. Finalement leur devise pourrait être la vieille formule maurassienne : « la France seule ». Au demeurant, ils se révèlent bien incapables de définir l’Europe qu’ils appellent de leurs vœux. Tout ce qui est étranger leur est étrange. Il est si facile de faire de l’Union européenne la source de tous les maux, alors même que ce sont les représentants des gouvernements qui prennent les décisions à Bruxelles et s’empressent d’oublier leurs responsabilités sitôt de retour dans leurs capitales respectives. Nous sommes aujourd’hui confrontés à des Etats continents : Etats-Unis, Russie, Chine, Inde , Brésil… et ,quelque soit le talent Français, l’influence dans le monde repose aussi sur la taille et la force démographique et économique.
L’Union européenne est un outil à notre disposition, sachons l’utiliser pour avoir une Europe efficace au service des citoyens, et tout particulièrement des français, dans une période de mondialisation où, plus que jamais l’union peut faire la force.
Paradoxe suprême, le porte drapeau du souverainisme s’est rangé sous la bannière d’un homme d’affaires étranger ! Il y a de quoi perdre son latin. De surcroît, même si certains élus de cette mouvance ont bien rempli leurs mandats, le résultat concret de leur présence au Parlement est inexistant. Rien n’a changé ni dans le mode de gouvernement de l’Union européenne, ni dans l’idéologie dominante. Bref beaucoup de bruit pour rien. Il est vrai aussi que certains, et non des moindres, ont surtout brillé par leur absence !.
A propos de Libertas : Je le dis clairement, j'ai pensé un instant qu'il pouvait s'agir d'une association d'idées et j'ai pris contact avec Monsieur Ganley. La réponse a été limpide : "Il souhaite créer un grand parti européen, il vous faudra donc dissoudre votre mouvement, c'est la contrepartie de son financement." Il n'en était pas question, j'ai hérité du plus ancien parti de droite, ma mission est de le transmettre et non de le dissoudre, encore moins de le mettre sous la coupe d'un étranger ; les choses en sont restées là. Si d'autres font un choix différent, ils sont bien entendu libres, mais qu'ils ne disent pas qu'ils sont souverainistes !
Les
eurobéats ont sacrifié trop souvent les intérêts de ceux qui les avaient élus par faiblesse, connivence ou amour du consensus mou. Pour se dédouaner de leur responsabilité, dès que quelque chose n'allait pas, ils s’exclamaient à Paris "ce n'est pas de notre faute, c'est Bruxelles qui nous l‘impose", oubliant du jour au lendemain l’accord qu’ils avaient donné la veille. C’est ainsi qu’ils ont construit le sentiment d'exaspération que nous avons vis-à-vis de l'Europe, qui a pour conséquence néfaste l’abstention. Ils étaient pourtant responsables de leurs choix! Etrange schizophrénie qui leur permet d’être français à Paris et Européens à Bruxelles ! Aujourd’hui, ils battent leur coulpe et avouent s’être trompés. Il leur a fallu beaucoup de temps pour s’en rendre compte et sont-ils sincères où assistons-nous aux éternelles déclarations et promesses de campagne qui n'engagent que ceux qui les écoutent ?
Les eurobéats ne sont pas si béats que cela puisqu'ils s'engagent avec une pensée unique : quitter le mandat qu'ils sollicitent le plus vite possible, soit pour devenir Commissaires Européens, soit pour briguer un mandat national lorsque l'occasion se présente. Il est effondrant de noter que la plupart des candidats de l’UMP exercent déjà des mandats locaux très prenants – maire, président de conseil général, etc…- c’est dire qu’ils accompliront mal un de leurs mandats et il n’est pas besoin de s’interroger sur lequel. L’élu choisit toujours le mandat qui lui assure l’ancrage local. Ils seront donc, à l’inverse de nos partenaires, des députés « volants » , toujours entre deux trains ou deux avions, peu présents et donc inefficaces.
Certains autres enfin se font "tirer l'oreille" pour accepter une position éligible... ils y vont par défaut... ou pour des raisons alimentaires. Comment peut-on, dans ces conditions, prétendre leur faire confiance ? Le parlement européen, qui gagne de nouvelles compétences traité après traité, n’est ni une maison de retraite, ni un hôpital de campagne pour les éclopés de la vie politique nationale !
Et le CNI dans tout cela !
Notre signature "la Droite Rebelle" est une première réponse. Nous ne sommes pas des "moutons de panurges". Nous sommes fidèles à nos promesses et à notre électorat et attendons la même chose de ceux à qui nous avons apporté notre soutien, donné notre confiance. Nous n'acceptons pas les dérives que l'on veut nous imposer.
La loi du plus fort n'est pas toujours la meilleure, notre seul souci est l'intérêt général de nos concitoyens. Il fallait donc nous rebeller, réagir et présenter une autre alternative :
L'Europe Utile
L'Europe Utile, en premier lieu pour chacune et chacun d'entre nous, concitoyens français. Utile à notre pays, à son rayonnement.
Utile l'Europe des 6 a apporté la Paix et la prospérité, c'est un fait et il est ridicule de le nier. La France en était l'un des moteurs, et c’est mon illustre prédécesseur Antoine Pinay, qui a ratifié les accords de Messine conduisant au traité de Rome (marché commun), devenant ainsi devant l’Histoire un des bâtisseurs de cette Europe utile.
L'Europe a grandit beaucoup trop vite, la machine est grippée... Comment tirer "notre épingle (française) du jeu" ?
La solution est simple : calquer notre attitude sur celle des élus des autres pays. Pourquoi nos élus ne sont-ils pas capables depuis 15 ans de s'unir à Bruxelles pour défendre les intérêts de ceux qui ont voté pour eux ? Pourquoi les français sont-ils les seuls à n'avoir jamais obtenu aucune dérogation, niche...
Les anglais n'ont pas l'Euro, ils sont quand même dans l'Europe. Les hollandais ont obtenu une dérogation pour leurs logements sociaux. Irlande, Danemark, Pologne, ont obtenu des dérogations ou des mesures spécifiques lors de durs débats de négociation tant sur des questions de sociétés que sur des questions économiques.
Pourquoi sommes nous incapables de nouer des alliances entre pays ayant des intérêts communs ? Pourquoi sommes-nous si peu coordonnés entre Français siégeant dans les différentes institutions ? Pourquoi sommes- nous si obsédés par le couple Franco Allemand que nous en oublions que l’Union européenne a maintenant 27 Etats membres et qu’il convient de diversifier nos alliances ? Pourquoi avons-nous renoncé à jouer notre rôle naturel de pont entre l’Europe de la Méditerranée et celle de l’Europe du Nord ? Pourquoi envoie-t-on à Strasbourg des députés pratiquant rarement des langues étrangères mais étant inaptes à défendre la Francophonie ?
Notre premier objectif est que la France et les français trouvent, comme les autres nations, leur intérêt politique, économique et social dans l'Europe. Elle doit être un outil d’efficacité pour la France dans le monde et dans l’Europe.Notre seconde volonté est de lutter pour que les prérogatives de Bruxelles restent limitées aux domaines dans lesquels il y a plus d’efficacité à agir sur le plan européen que sur le plan national. En aucun cas nous ne voulons être contraints de changer notre modèle de société sur injonction de lobbies bruxellois. Les questions dites de société, notamment tout ce qui concerne la famille, la bioéthique, les régimes matrimoniaux ou l’euthanasie, doivent être traitées au plus près des citoyens et en tenant compte des réalités des sociétés concernées, c'est-à-dire sur le plan national.
Enfin, il faut rompre avec le juridisme envahissant de la Commission qui tend à empiéter de plus en plus sur les compétences nationales. La Commission doit être contrôlée politiquement et l’Union européenne gouvernée par des politiques. Il nous faut une présidence stable du Conseil européen pour borner l’hégémonie de la Commission.
L'Europe doit redevenir l'Europe des nations, dans le respect des patries qui la composent.Le CNI veut une Union européenne contrôlée et gouvernée par les politiques, au service des Nations qui la composent et des peuples qui la font vivre. Nous sommes européens parce que nous sommes Français. Il faut rompre avec une vision idéologique de l’Union européenne, entité supérieure flottant au dessus des nations, objet politique non identifié, vivant et développant son pouvoir et son action à l’abri du regard des peuples.
Il ne peut y avoir d’Europe sans les nations, il ne peut y avoir d’Europe contre les nations. La seule Europe pour l’avenir est l’Europe des nations.