Que l’on ne s’y trompe pas cette grève est un appel au secours. Messieurs du gouvernement, écoutez-nous, entendez-nous. Vous décidez une politique de sauvetage que nous ne cautionnons pas. D’autant que la facture c’est nous qui la paierons. Nous la paierons par plus d’impôts, moins d’emplois, moins de salaire. Et peut-être, je ne le souhaite pas, par un État en faillite.
Nous ne sommes pas hostiles à contribuer au sauvetage de la France. Il est normal de se serrer les coudes dans l’adversité. Mais pas de cette manière. Car tous les voyants économiques sont au rouge. Toutes les professions enregistrent un nombre impressionnant de dépôts de bilan. Or des milliards d’euros sont distribués à des entreprises qui sont loin d’être exemplaires. Les banquiers sont à l’origine de la crise financière. Les entreprises automobiles ont délocalisées à tout va. Quand à la presse, noyautée par le gouvernement, elle ne nous sert plus que de la soupe.
Alors, je comprends cette grève. Elle dénonce l’angoisse du peuple Français. Elle montre aussi notre capacité à réagir face à l’injustice. Mais je ne la cautionne pas. Comme d’habitude, les syndicats vont faire l’amalgame entre les patrons du CAC 40 et les petits patrons qui font vivre la France tous les jours. Ils vont réclamer plus d’emplois dans le secteur public alors qu’il faudrait revoir en priorité son organisation. Ils vont demander le départ d’un Président élu en toute légitimité. Ils vont nous remettre le même disque rayé. Mais le plus triste est de mobiliser les salariés uniquement sur des revendications et non sur des propositions. Ce sera, comme toujours, une journée marquée du sceau de l’impuissance. On n’a pas besoin de cela aujourd’hui.
mardi 27 janvier 2009
Dominique Facon : la grève de jeudi, la vitrine de l'impuissance
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